O' Quotidien

L'empathie : définition

L'empathie, comme de nombreuses notions, est apparue dans la Grèce antique. "Pathie" signifiant "la souffrance" et "Em" signifiant "à l'intérieur de".

C'est avec le siècle des Lumières que la notion prend un sens plus religieux : Aimer l'autre autant que l'on s'aime soi-même dans une pratique de générosité et de don à l'autre (G. Abrial).

Emmanuel Kant lui donne une envergure plus universelle : on élargit son propre point de vue lorsqu'on intègre celui des autres.

Mais c'est surtout avec Théodore Lipps que la notion prend peu à peu le sens moderne. Lipps développe le terme de "Einfuhlung", qui fait référence à la projection d’une personne dans la situation de l’autre. Dans ses premiers écrits, l'empathie désignera le processus par lequel « un observateur se projette dans les objets qu'il perçoit ». Il prend pour analyse l'empathie dans le domaine artistique : comment un sujet se projette-t-il dans une oeuvre d'art, de façon imaginaire, pour en être le plus proche possible ? Plus tard, Lipps introduisit la dimension affective moderne : l'Einfühlung caractériserait par exemple le mécanisme par lequel l'expression corporelle d'un individu dans un état émotionnel donné déclenche de façon automatique ce même état émotionnel chez un observateur.

Aujourd'hui, et alors que pendant un temps elle fut nommée "intropathie", la notion finalement retenue d'empathie est ainsi définie : elle consiste à sentir les choses de l'intérieur ; se mettre à la place de l'autre pour mieux le comprendre.

 

L'empathie peut être définie comme : la capacité de ressentir les émotions de quelqu'un d'autre. Ou encore, comme un "trait de personnalité caractérisé par la capacité de ressentir une émotion appropriée en réponse à celle exprimée par autrui, d’effectuer une distinction entre soi et autrui (c’est-à-dire être conscient de la source de l’émotion et pouvoir décoder l’émotion d’autrui) et de réguler ses propres réponses émotionnelles" (C. Peiffer).

 

Il y a donc deux temps : une réponse émotionnelle d'abord, et, une séparation consciente et une distinction nécessaire ensuite.

Il s'agit d'une réponse émotionnelle, affective, face à une autre émotion vécu par un autre. L'empathie se situe entre l'absence totale d'émotion (l'indifférence, la froideur) et le trop plein d'émotion qui peut être néfaste à son tour.

Une fois cette émotion ressentie, l'empathie impose, en revanche, de savoir faire la part des choses entre ce que ressent l'autre et ce que je ressens personnellement. Je suis capable de m'approcher le plus possible de ce qu'il est, mais je ne suis pas lui ! je suis capable d'être bienveillant, accueillant, faire abstraction de soi mais ne pas s'oublier dans ce rapprochement des sensibilités. J'intériorise cet autre mais je reste moi. Je fais une place à l'autre mais je reste conscient de l'altérité, de la différence, de la séparation : son histoire n'est pas mon histoire.

Schématiquement, c'est comme si mon "moi" sortait de mon corps pour aller chercher l'autre, le faire venir à moi, et ensuite l'en faire ressortir pour que chacun recouvre son individualité, soulagés. En aucune façon deux et deux ne font qu'un : deux et deux font... deux.

Un exemple : supposons que nous soyons dans un supermarché et que nous voyons un jeune bambin lancé le caddie dans l'allée, que le caddie arrive dans les jambes du grand-père en train de choisir ses fruits et légumes. Nous aurons forcément mal pour lui, mais nous n'aurons tout simplement pas mal. Parce que nous sommes capable de comprendre ce que cela signifie. Mais en aucune façon c'est à moi de me rouler à terre de douleur ! Au mieux pouvons-nous avancé un "ouille", ou un "ça doit faire mal", ou encore un "aiiiie".

Autre exemple, si un ami pleure de chagrin, il ne s'agit de pleurer plus fort ou plus longtemps. Bien au contraire, essayer de calmer l'émotion, demander des explications, minimiser la détresse, etc. Bref, tenter de réguler, de montrer les choses sous un autre angle.

 

C'est pourquoi l'expression "se mettre à la place de l'autre" est fausse et inappropriée. Il ne s'agit pas de faire fusion avec la douleur de l'autre, comme si on était cet autre. Nous sommes différents : le fait de simplement comprendre ne m'oblige pas à faire de l'imitation ou du mimétisme (ce que font parfois les enfants pour se rendre intéressant par exemple).

 

L'empathie n'est pas non plus la sympathie, ni même de la compassion.

Par rapport à la sympathie, s'il y a toujours la "pathie", il y a ici le "Sym" c-a-d "la souffrance avec". La sympathie est un partage d'émotion, une communion affective, un intérêt sentimental et personnel, des marques de tendresse. Alors que l'empathie repose sur une capacité de représentation de l'état mental d'autrui indépendamment de tout jugement de valeur, la sympathie repose sur une proximité affective avec la personne qui en est l'objet en vue d'améliorer sa situation.

Quant à la compassion, elle se résume à une affliction pour les souffrances d'autrui.

 

Les experts distinguent deux formes d'empathie : l'empathie "émotionnelle" qui désigne la capacité à comprendre les états affectifs d'autrui, et l'empathie "cognitive" c-a-d la capacité à comprendre les états mentaux d'autrui.

 

C'est tout... pour aujourd'hui.



10/06/2014
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