O' Quotidien

L'écoute active : ce qu'elle n'est pas

Il faut bien distinguer l'écoute (active) d'autres notions.

 

Ainsi, il ne faut pas confondre écouter et entendre.

Si tout le monde entend - voire comprend, puisque entendre a pour autre connotation celle de comprendre aussi parfois. On ne maitrise pas ce qu'on entend, on ne choisit pas forcément non plus les bruits de la maison, de la rue, etc. Les bruits peuvent être familiers ou au contraire chaotiques, assourdissants. On les entend, on les subit. Le seuil de tolérance est propre à chacun ; de la même manière, le silence pourra être apprécié par certains, quand il sera synonyme de vide ou d'angoisse pour d'autres.

A l'inverse, écouter suppose un effort, une volonté, une ouverture vers l'extérieur. Si entendre est inné, écouter ne l'est pas. Lorsqu'on écoute, on accueille le bruit que l'on ne faisait qu'entendre juste avant. Ecouter est primordial dans les relations humaines, sociales, professionnelles : on apprend parce qu'on écoute.

Enfin, si entendre ne fait fonctionner que l'ouïe, malgré elle parfois. En revanche, écouter fait appel à d'autres sens (par exemple, les yeux accompagneront la compréhension de ce qui est dit, par une analyse du non-verbal, les gestes par exemple).

Qui n'a pas remarqué que, même lorsqu'on est au téléphone, on peut écouter parce que corps est tout concentré dans la conversation, et que parfois on "écoute" plus parce que corps fait autre chose en même temps. Faute d'attention réelle, et d'implication corporelle la communication va devenir instable, déséquilibrée.

Entendre fait travailler l'oreille. Ecouter fait travailler le cerveau.

Et c'est intéressant de voir que l'absence d'écoute, l'ingérence des bruits, peuvent être facteurs de conflits : pour exemple, les troubles de voisinage.

Sans l'écoute, pas de compréhension des mots. Sans les mots, c'est l'animal ; parce que c'est bien la parole qui différencie l'homme de l'animal. Faute d'être écouté, l'autre peut se sentir rejeter, incompris.

 

L'écoute c'est parfois du discernement.

Notre cerveau sait faire la part des choses entre ce qui peut l'intéresser ou pas. Par exemple, dans une musique, il retiendra une mélodie, un accord, quelques notes, la guitare plutôt que le piano (ou inversement). Nous pouvons prendre plaisir à écouter : une voix plutôt qu'une autre, un orateur plutôt qu'un autre qui sait nous captiver (parce que sa voix n'est pas monocorde, parce qu'il ajoute des anecdotes intéressantes à ses propos, parce qu'il a des exemples divertissants, etc.). Et c'est ainsi que nous serons plus réceptifs à la musique classique ou au hard-rock, à l'opéra ou la techno, etc. Et c'est ainsi que l'on ne supporte pas le son de la craie sur le tableau... souvenir, vous avez dit souvenir !

On donne de l'importance à telle ou telle phrase, à telle ou telle personne dans le brouhaha d'une réunion à plusieurs personnes, etc. Et, vous avez remarqué comme parfois, on n'écoute plus vraiment une conversation entre plusieurs personnes jusqu'à ce que, par exemple, on prononce notre prénom...

 

Communiquer c'est forcément écouter.

Pour communiquer, il faut forcément développer son écoute, et les métiers relationnels le savent bien. D'où toutes ces formations managériales, commerciales, psychologiques pour apprendre à développer les techniques de l'écoute.

Lacan a dit : "Le récepteur est le maitre du sens". C'est exact. C'est le récepteur qui donne toute la valeur, la portée au message envoyé par le l'émetteur. Or ce sens dépendra de la grille de lecture, de l'histoire, de la culture, de la situation présente, etc. du récepteur.

 

Pour finir, qui n'a pas entendu son conjoint lui dire : "Ah ! tu ne m'écoutes pas !" Et c'est juste : on peut l'entendre, on ne l'écoute pas ou plus ! Idem pour les enfants. Mais un conjoint ou un enfant qui n'écoute pas, est-il écouté lui-même ?

 

C'est tout... pour aujourd'hui.



05/06/2014
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