O' Quotidien

B-A BA de la communication

Depuis notre plus tendre enfance nous communiquons, mais nous le faisons comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir !

Nous ne connaissons malheureusement qu'assez mal les techniques, les astuces, les moyens de bien communiquer, de mieux communiquer ; lorsque tout le monde sait courir, assez peu savent gagner une compétition, parce qu'elle est aussi affaire d'entrainement, de repiration, de nutritions, etc.

 

La communication connait des définitions multiples : "transmission de messages d'un endroit à un autre", "d'un point à un autre" ; "transmission d'une information d'un émetteur vers un récepteur" ; "processus de circulation de la pensée" ; etc. J'ai un faible pour celle de G.Wackenheim : "Pour qu'on puisse parler de communication, il faut qu'un individu ait l'intention de mettre quelque chose en commun. Tel doit etre le cas, au minimum, de l'émetteur ; le mot communiquer, en effet, veut dire donner plutot que recevoir ; il est synonyme de livrer, de faire connaitre". 

Autant de définitions qui mettent l'accent, comme l'indique J-E Bertand dans "Psychologie de la communication", soit sur :

- une conception fondamentalement transmissionnelle, le transport d'une information ;

- une participation, un échange entre individus, rapports inter-individuels ;

- un processus de transmission, entre une volonté de l'émetteur de communiquer et l'effet que cela produit sur le récepteur.

 

On a souvent tendance à commencer un livre sur la Communication par rappeler l'essentiel, qui tient dans ce graphique courant.

 

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Mais cela nécessite quand même quelques explications :

D'abord, il faut deux agents, un émetteur et un récepteur. Des deux cotés, ça n'est pas forcément une seule personne, ça peut etre un groupe (ex : des consommateurs côtés récepteur). Ceci dit, et à l'inverse de ce que suggère le graphique, le récepteur n'est pas forcément "passif".

Entre ce qui est émis et ce qui est reçu, il peut se trouver, ce que l'on a coutume d'appeler des "bruits". Ce sont des perturbations multiples : ça peut être physique (un téléphone qui sonne, une voiture qui passe dans la rue, un enfant qui pleure, etc.), mais aussi des bruits psycho-pysiologiques (liés à l'état de santé des individus, s'ils ont faim, soif, s'ils sont stressés, impatients, etc.), ou enfin des bruits socio-culturels (éducation, culture transmise par les parents, par le pays, langue parlée, formation scolaire et/ou professionnelle, etc). Dans cette dernière catégorie, on sait que d'un pays à un autre, les publicités par exemple, pour un même produit, ne sont pas forcément les mêmes, pour répondre à des "cultures" différentes. L'humour français n'est pas l'humour anglosaxon.

Or le message doit, pour être perçu, sortir du "bruit". Si l'on peut agir sur les bruits physiques (ex : se mettre dans une pièce au calme), en revanche, il est plus compliqué d'agir sur les deux autres catégories, puisqu'elles sont plus intimement liées à l'individu-récepteur.

Du coup, un même message peut ne pas être perçu de la même manière. Dans un même dessin, une même peinture, on ne remarque pas tous la même chose, notre oeil n'est pas attiré par les mêmes couleurs, jeux d'ombre, détails, etc. Que voyez-vous dans ce dessin : une jeune demoiselle ou une vieille femme ?

 

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C'est aussi typiquement l'exemple suivant, en fonction de son humeur, ou du sujet abordé, on est soit optimiste, soit pessimiste : Et vous ? vous êtes plutot verre à moitié vide ou verre à moitié plein ?

 

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Quand il en reste encore la moitié à boire, c'est une vision optimiste. Quand il ne reste plus qu'une moitié à boire, c'est une vision plutôt pessimiste.

Pourtant à travers ces deux exemples, on voit bien que le dessin est ce qu'il est. Que tout, ensuite, n'est que question de perception et d'état d'esprit du moment.

Une bonne communication doit donc savoir à qui elle s'adresse, pour quoi, quel est le message que l'on veut voir réceptionné, etc. et donc prendre en compte les données subjectives, individuelles, intrasèques.

 

Autrement dit, sans simplifier la chose, il y a autant de messages percus qu'il y a de récepteurs ! Sans compter qu'il y autant de messages émis que d'émetteurs !

Le but d'une bonne communication est d'amenuir toutes ces différences : d'autant que 1/ l'identité du message émis et du message perçu est quasi une utopie 2/ et qu'entre l'émission du message et sa réception il peut s'écouler un laps de temps.

Il faut indiquer également que l'émetteur n'est pas forcément le destinateur du message, et que le récepteur n'est pas forcément le destinataire du message. Il peut exister des relais entre les deux. L'exemple des mails en copie, voire en copie cachée, en est l'illustration : il y a le destinateur, le destinataire et d'autres. Autre exemple, les documents confidentiels : ils sont souvent adressés au non-destinataire le temps de son élaboration...

Enfin, pour être tout à fait complet, un bon système de communication doit s'assurer d'obtenir un feed-back de ce qui a été émis, pour contrôler l'adéquation ou non, et les adaptations nécessaires. Ainsi la boucle est bouclée : on voit bien que le récepteur n'est pas passif, il émet lui-aussi un message. Les liens sont interactifs.

C'est tout... pour aujourd'hui.

 



04/02/2014
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